Tony Parker : „Cette période ne peut que nous rendre plus forts mentalement“

Il n’est pas facile de réaliser ses rêves, sauf si vous êtes Tony Parker, le plus célèbre et le plus admiré des joueurs de basket en France qui réussit tout ce qu’il entreprend. Il voulait devenir un joueur de la NBA. Il l’a fait, et ce avec la manière : il a été pendant longtemps, le meilleur meneur de jeu de la ligue nord-américaine.

Quatre titres de NBA avec les San Antonio Spurs, un trophée de MVP (Most Valuable player) des finales NBA en 2007 et une performance inoubliable lors du triomphe de la France à l’Euro de basket en 2013… Tony Parker a toujours joué pour gagner. Et c’est cette même quête de réussite qui l’anime dans les projets qu’il mène depuis sa retraite sportive.

À Lyon, il a accordé une interview à notre journaliste Stefania De Michele, ex-basketteuse de la sélection nationale italienne.

Stefania De Michele, euronews :

„Avec le recul, quel regard portez-vous sur votre carrière ?“

Tony Parker, quadruple champion NBA :

„Même dans mes rêves les plus fous, quand j’étais enfant, je ne pouvais pas imaginer tout ce qui s’est passé par la suite et comment ça s’est fini avec le retrait de mon maillot, c’est quelque chose que je n’aurais jamais cru possible pour moi qui venais de Normandie où j’ai grandi dans une ville minuscule. C’est formidable de prendre finalement conscience des choses depuis que j’ai pris ma retraite sportive. Je réalise lentement, mais sûrement tout ce qu’on a accompli avec les Spurs. Et actuellement, je me sens très nostalgique avec le livre que j’ai publié, puis le film qui est disponible sur Netflix et c’est génial de voir mes 20 ans de carrière dans un film“.

„Je suis arrivé à montrer que nous, les Européens, on peut jouer au basket !“

Stefania De Michele :

„Le tournant de votre carrière a eu lieu en 2001 quand vous aviez 19 ans : vous avez eu la chance d’être recruté par l’une des équipes professionnelles les plus performantes de la NBA. Jouer pour les San Antonio Spurs vous a donné l’occasion de vous épanouir. Mais vous avez fait tout le travail.“

Tony Parker :

„J’ai eu beaucoup de chance d’être dans cette équipe pro, évidemment. Oui, j’ai travaillé très dur, mais en même temps, j’étais dans une équipe où ils voulaient vraiment gagner. Et les valeurs de cette équipe ont fait de moi un meilleur joueur de basket, mais aussi une meilleure personne. Il faut travailler dur, être discipliné, faire des sacrifices et j’étais très déterminé à réussir en NBA. Il faut dire aussi qu’à l’époque, il n’y avait pas de meneurs de jeu européens. Il n’y avait pas beaucoup d’Européens, alors j’ai ressenti toute la pression – en représentant la nouvelle génération – : il fallait que je me débrouille bien et que je gagne le respect des joueurs et entraîneurs américains. Au début, ça a été très dur, mais ça m’a rendu très fort mentalement d’arriver à leur montrer que nous, les Européens, on peut jouer au basket !“

„Je voulais m’occuper de tous ces jeunes qui n’arrivent pas à percer dans le basket professionnel“

Stefania De Michele :

„Vous avez atteint tous les objectifs que vous vous êtes fixés. Vous avez investi dans le basket professionnel et on parle de vous pour prendre dans quelques années, la présidence du club de football de l’Olympique lyonnais. Mais vous capitalisez aussi sur la jeunesse avec votre académie, la Tony Parker Adéquat Academy, en France. En quoi consiste votre démarche ? Et que signifie-t-elle pour vous ?“

Tony Parker :

„Pour moi, c’est très important de donner en retour. Comme je l’ai dit, je me rends compte de l’immense chance que j’ai eue : j’ai eu des entraîneurs incroyables, il y a eu aussi la manière dont j’ai été élevé. Je n’oublie pas d’où je viens. Donc j’ai commencé par acheter une équipe qui s’appelle l’Asvel à Lyon. Ensuite, j’ai acheté l’équipe féminine parce que je voulais mener un projet qui soit unique et où les hommes et les femmes soient sur un pied d’égalité et bénéficient du même environnement. Et cette démarche a abouti à l’académie. On l’a ouverte il y a un an et demi. C’est très spécial pour moi parce que je voulais m’occuper de l’élite dans le basket, mais je voulais aussi m’occuper de tous ces jeunes qui n’arrivent pas à percer dans le monde professionnel. Parce que je sais que 95% d’entre eux n’en feront pas leur métier. Donc la devise de l’académie, c’est „Viens à l’académie et décroche un emploi“. Je prends cela très au sérieux. Pour moi, c’est très important que ces jeunes réussissent dans la vie, qu’ils aient un emploi et qu’ils soient tout simplement heureux.“

Dans le contexte de pandémie, „il faut être créatifs et positifs“

Stefania De Michele :

„La pandémie de Covid-19 est aujourd’hui un grand défi. Comment vivez-vous les choses au sein de votre académie ? Dans quelle mesure le quotidien a-t-il changé ?“

Tony Parker :

„Oui, c’est une situation très difficile. Évidemment, on traverse l’une des plus grandes crises de l’histoire. Et donc c’est très dur de continuer à faire avancer tous les projets. Mais il faut être créatifs et positifs et on doit essayer de trouver des solutions. C’est clair qu’actuellement, les temps sont durs, mais au final, cette période ne peut que nous rendre plus fort mentalement et forger notre caractère.“

„Ce documentaire sur Netflix, c’est un honneur“

Stefania De Michele :

„Autre chapitre dans votre vie : un passionnant documentaire sur votre carrière : „Tony Parker, the final shot“. Que ressentez-vous quand vous voyez votre vie racontée dans un film ? D’où est venue l’idée de ce documentaire ?“

Tony Parker :

„C’est un honneur. Quand Netflix m’a contacté la première fois au sujet de la réalisation de ce film, j’ai dit : ‘Wow’, je ne pouvais pas le croire. À ce moment-là, j’avais un projet de production avec mon entreprise Infinity Nine Media. Une caméra me suivait pendant ma dernière année de carrière sportive. Et ensuite, dans les premières étapes de ce projet, Netflix est arrivé et ils ont dit : ‘Cela nous intéresse de sortir votre film’. Et donc pour moi, c’était un honneur.“

„Je suis très heureux de l’élection de Joe Biden“

Stefania De Michele :

„Où vous sentez-vous chez vous ?“

Tony Parker :

„Je dis toujours que j’ai deux maisons. Aujourd’hui c’est 50-50. Je vis à moitié aux États-Unis, à moitié en France et j’adore les deux pays. Pour moi, j’ai deux foyers, je me sens à la maison aux deux endroits.“

Stefania De Michele :

„San Antonio au Texas est votre deuxième maison. Je crois que vous avez suivi les élections présidentielles américaines et les événements qui ont suivi. La transition entre Trump et Biden a été mouvementée. Quel est votre point de vue à ce sujet ?“

Tony Parker :

„Je suis très content de la manière dont les choses évoluent, c’est une époque nouvelle qui débute. Je suis très heureux du résultat de l’élection. Et je crois que nous sommes promis à un bel avenir.“

„Il faut avoir de grands rêves“

Stefania De Michele :

„Quel est votre plus grand rêve aujourd’hui ?“

Tony Parker :

„Mon plus grand rêve ? Je crois que maintenant que je prends de l’âge, ce serait simplement de rester en bonne santé et que ce soit aussi le cas pour ma famille et mes enfants. Je crois que le plus important, en particulier dans la période actuelle, c’est de souhaiter que tout le monde soit en bonne santé.“

Stefania De Michele :

„Quel message pourriez-vous adresser à ces jeunes qui veulent suivre vos traces ?“

Tony Parker :

„Si j’avais un conseil, ce serait simplement d’être positif et de croire en vos rêves. Je crois qu’il faut avoir de grands rêves. Si quand vous parlez de votre rêve à quelqu’un, il ne vous prend pas pour un fou, alors c’est que votre rêve n’est pas assez grand.“

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