Peur de l’avion? Ces trois chiffres vont vous rassurer

À chaque fois que vous prenez l’avion pour partir en voyage, rien n’y fait, une peur panique vous envahit. Et si on essayait de rationaliser, un peu?

Un accident mortel tous les 5 millions de vols

C’est une vérité que l’on martèle après chaque accident aérien : l’avion est le moyen de transport le plus sûr au monde devant le train, et loin devant l’autocar, le bateau, la voiture et la moto. « Selon le risque de décès pour 2019, en moyenne, un passager devrait voler tous les jours durant 535 ans avant de vivre un accident causant au moins un décès à bord », souligne l’IATA, l’Association internationale de l’aviation civile, dans son rapport sur la sécurité des compagnies aériennes en 2019.

Cette année-là, 23 avions de ligne se sont crashés causant le décès de 289 personnes, rappelle l’Aviation Safety Network. Une goutte d’eau au regard des 4,5 milliards de passagers transportés et des 39 millions de vols effectués cette année-là. Par comparaison, 3239 personnes ont trouvé la mort lors d’un accident de voiture rien qu’en France.

Selon un rapport sur la sécurité aérienne rédigé par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), en 2019, on dénombrait 0,21 accident mortel de passagers par million de vols et 0,15 accident mortel de passagers par milliard de km parcourus. Autrement dit, un accident mortel survient tous les 5 millions de vols. Le rapport rappelle aussi qu’aucun transporteur français n’a été impliqué dans un accident en 2019, que ce soit en France ou à l’étranger.

Un avion est conçu pour voler avec un seul moteur

Pour des raisons diverses (fuite de carburant, collision aviaire, météo…), un réacteur peut cesser de fonctionner ou prendre feu en plein vol, et ce malgré des procédures de maintenance très strictes. Les avions de ligne sont certifiés pour décoller, voler et atterrir même avec un seul moteur fonctionnel, y compris des quadrimoteurs comme l’A380 ou le Boeing 747.

Néanmoins, lorsque la situation se présente et pour des raisons de sécurité, les pilotes choisissent généralement de procéder à un atterrissage d’urgence, en retournant au point de départ ou en se déroutant vers un autre aéroport. Ce fut le cas il y a quelques semaines avec un vol de United Airlines : l’équipage d’un Boeing 777 a fait demi-tour après qu’un feu s’est déclaré sur le réacteur droit peu après le décollage de Denver.

Un avion peut planer sur plus de 200 km

Si l’arrêt d’un moteur est un phénomène assez rare, la panne de deux moteurs l’est encore davantage. « Lorsque cela se produit, l’avion ne tombe pas comme une pierre. Tant que l’avion a de la vitesse, l’air s’écoule au-dessus et en dessous de son aile et il est capable de voler », insiste Xavier Tytelman. C’est ainsi qu’il est capable de parcourir plusieurs centaines de kilomètres avant que le pilote ne trouve un aéroport ou un terrain plat où se poser, voire un plan d’eau pour amerrir.

« Les Airbus A320 et les Boeing 737 ont une finesse de 20, ce qui signifie que lorsqu’ils descendent d’un mètre, ils avancent de 20 mètres. Ainsi, un avion qui vole à son altitude de croisière (10 km) peut planer sur environ 200 km », poursuit-il. Sur certains avions, la finesse dépasse les 30, ce qui leur permet de planer sur au moins 300 km.

L’histoire de l’aviation civile a été marquée par quelques cas de vols planés. L’exemple le plus connu est celui du vol d’Air Transat 236 qui, le 24 août 2001, s’est retrouvé en panne de kérosène au-dessus de l’Atlantique, alors qu’il reliait Toronto à Lisbonne. L’A330 a volé sans moteur pendant 21 minutes sur 120 km avant d’atterrir sur une île de l’archipel portugais des Açores. Parmi les 306 passagers dont 13 membres d’équipage, seules 18 ont été blessées et l’appareil s’est posé sans dégâts majeurs.

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