Ligue 1 : Canal+ aurait saisi l’Autorité de la concurrence

La chaîne veut un appel d’offres portant sur l’intégralité du Championnat de France de football. Après une plainte au Tribunal de commerce de Paris, elle se serait tournée vers le gendarme de la concurrence.

Canal+ voit décidément d’un très mauvais œil l’appel d’offres lancé par la Ligue de football professionnel (LFP) pour la remise en jeu d’une partie des droits TV de la Ligue 1 jusqu’en 2024. Selon nos informations, la chaîne aurait saisi l’Autorité de la concurrence, alors que les offres d’éventuels repreneurs sont attendues lundi 1er février dans la matinée.

Canal+ aurait enclenché deux procédures auprès de l’antitrust. D’abord, des mesures conservatoires en vue d’obliger la LFP à organiser un nouvel appel d’offres portant sur l’intégralité des matchs du championnat. Mais ce n’est pas tout. La chaîne compterait en outre dénoncer, toujours auprès de l’antitrust, l’abus de position dominante commis par la Ligue de foot, via une plainte au fond. Motif? Le lancement d’un appel d’offres partiel déstabiliserait l’ensemble du marché de la télévision payante. Il constituerait une discrimination anticoncurrentielle, puisqu’il imposerait des conditions inéquitables à Canal+.

Mi-janvier, l’instance footballistique avait choisi de remettre en jeu uniquement les droits TV laissés vacants depuis le 22 décembre par Mediapro. Canal+ n’était pas d’accord. La filiale de Vivendi estime qu’elle a surpayé, en 2018, pour le lot de rencontres racheté 330 millions d’euros par an en sous-licence à beIN Sports. Elle veut donc rendre ses matchs du samedi soir et du dimanche après-midi.

Il n’en est pas question pour la Ligue, qui tente de sécuriser ses 330 millions d’euros, seule rentrée d’argent qui lui reste avec la cinquantaine de millions d’euros versée par Free pour les droits TV mobiles. Lundi dernier, Canal+ a contesté devant le tribunal de commerce de Paris la consultation de marché lancée par la LFP. En déclenchant une nouvelle procédure, auprès de l’Autorité de la concurrence cette fois, Canal+ envoie d’une certaine manière un second tir de sommation.

Possible retour de Mediapro

La filiale de Vivendi fait d’une pierre deux coups. D’un côté elle fragilise l’appel d’offres lancé par la Ligue. Cette dernière s’est laissée jusqu’au 5 février pour désigner un éventuel repreneur. Mais elle se retrouve à présent avec plusieurs épées de Damoclès suspendues au-dessus de la tête. Si l’appel d’offres s’avère fructueux, il pourrait être remis en cause toutefois par le Tribunal de commerce de Paris le 19 février prochain.

Quant à l’étude des mesures conservatoires réclamées auprès de l’Autorité de la concurrence, la procédure pourrait prendre entre quatre à six mois. Si Canal+ avait finalement gain de cause, cela signifie que tout serait à refaire dans quelques mois pour la Ligue. Sans évoquer la plainte pour abus de position dominante, qui permettrait en outre à la chaîne cryptée d’attaquer tous les contrats noués par la LFP avec de nouveaux diffuseurs pour entente anticoncurrentielle.

À deux jours de la remise des offres de potentiels repreneurs, la tension est encore montée d’un cran. Dans ce feuilleton à rebondissement où le football français joue sa survie, tout est désormais possible. Les modalités de l’appel d’offres permettant de faire de la sous-licence, la consultation pourrait attirer des fonds d’investissement, alléchés par une bonne affaire. Amazon est aussi pressenti.

Et un retour, d’une manière ou d’une autre, de Mediapro, qui avait fait miroiter à la Ligue 830 millions d’euros par an avant de cesser ses paiements, n’est même plus exclu par les acteurs du secteur. Est-ce que Canal+ participera ? Rien ne le dit. Est-ce que la chaîne sera prête à mettre beaucoup d’argent ? L’hypothèse est hautement improbable. La seule certitude, pour l’heure, c’est que Canal+ est bien décidée à mettre une pression maximale sur le match des droits TV de la Ligue 1 qui va se jouer lundi.

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