Dans la série „The First“, Sean Penn part à la conquête de Mars

La série „The First“, imaginée par le créateur de „House of Cards“, nous projette une dizaine d’années dans le futur à la veille de la première mission vers Mars.

En 2033, l’astronaute Tom Hagerty (Sean Penn) dirige une équipe pour devenir le premier homme à poser le pied sur la planète rouge. La mission est financée par Laz Ingram (Natascha McElhone), sorte d’Elon Musk au féminin. S’il s’agit avant tout d’un défi technologique et politique, celui-ci est également lourd de conséquences sur la vie des astronautes et de leurs proches.

Le créateur de la série n’est autre que Beau Willimon, à qui l’on doit „House of Cards“.

„The First“ n’est pas une série de science-fiction

Malgré sa situation dans les années 2030 et contrairement à ce que son pitch pourrait laisser croire, il ne s’agit pas d’une série de science-fiction, prévient Anne-Laure Gannac, journaliste à la RTS. „On est essentiellement sur Terre, voire terre à terre“, car „The First“ s’intéresse aux enjeux politiques, économiques, sociétaux et individuels posés par la question d’envoyer des gens à la conquête de Mars.

Pour la journaliste, c’est la première fois que ces questions autour de la conquête spatiale sont abordées avec autant de réalisme et de soin. La réalisation est sobre, la bande-son excellente et les trouvailles sur le mode de vie de ce futur proche crédibles et élégantes.

Coloniser Mars aux dépens de la Terre?

Du côté de l’économie et de la politique, si l’entreprise qui dirige cette mission est privée, elle n’en est pas moins mandatée par la NASA, ce qui suppose beaucoup d’argent public. Il y a un questionnement sur le bien-fondé de cette dépense: cela vaut-il vraiment le coup d’investir autant dans une conquête qui ne donnera peut-être rien, alors qu’au même moment sur Terre, cet argent pourrait servir à l’éducation et à la préservation du climat?

Pour Pascal Bernheim, journaliste à la RTS, les scientifiques de la série ne sont pas très convaincants au moment de donner des arguments. „Laz Ingram est une brillante visionnaire, avec une aura persuasive, mais déconnectée de la réalité“, ajoute-t-il.

Une série centrée sur l’humain avant tout

Du côté des personnages, leur psychologie et leurs réflexions métaphysiques ont séduit nos critiques. La série se révèle particulièrement intéressante sur les questions morales qu’elle pose: suis-je prêt à sacrifier ma vie sur Terre et les liens qui m’attachent à mes proches pour être un pionnier dans l’espace? Peut-on sacrifier quelques vies pour le bien (ou ce qui devrait être le bien) du plus grand nombre? Oui, répond sans hésiter la cheffe d’entreprise Laz Ingram.

„The First“ interroge cette fuite en avant, à l’image du voyage des Européens partis à la conquête du Nouveau Monde au XVIe siècle, et la nécessité pour l’être humain de repousser sans cesse ses limites.

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