Cuba tourne la page après des décennies de pouvoir des Castro

D’ici quelques jours, plus aucun Castro ne sera au pouvoir à Cuba. Le congrès du Parti communiste, qui s’ouvre vendredi, mettra fin à six décennies de règne d’une fratrie qui laisse désormais place à une nouvelle génération.

Après la mort de Fidel en 2016, le départ en retraite de Raul, son frère Paul (âgé de bientôt 90 ans) passe le relais au président Miguel Diaz-Canel, 60 ans. C’est donc une page historique qui se tourne pour l’île et ses habitants, dont presque tous n’ont jamais connu d’autre famille dirigeante que celle des célèbres révolutionnaires.

Congrès diffusé à la télévision

A partir de 09h00 (15h00, heure suisse) vendredi, plusieurs centaines de délégués du parti unique, venus de toutes les provinces cubaines, vont se réunir pour quatre jours au Palais des conventions à La Havane et débattre des grands sujets du pays.

La réunion, à portes fermées, s’ouvre 60 ans jour pour jour après la proclamation par Fidel Castro du caractère socialiste de la révolution. Elle sera diffusée au moins partiellement à la télévision.

La désignation de Miguel Diaz-Canel comme nouveau premier secrétaire, poste le plus important à Cuba, devrait avoir lieu au dernier jour, lundi. Déjà président depuis 2018, il sera le premier civil à diriger aussi le parti, au sein duquel il a mené toute sa carrière.

D’autres grands noms de la révolution

Avec Raul Castro devraient aussi partir en retraite certains des grands noms de la génération historique – ceux qui ont fait la révolution de 1959 -, dont le numéro deux du parti, José Ramon Machado Ventura, 90 ans, et le commandant Ramiro Valdés, 88 ans.

Ces derniers mois, Cuba vit une grogne sociale inédite, sous l’impulsion de l’arrivée récente de l’internet mobile, avec des manifestations d’artistes, des protestations de dissidents et des mobilisations d’autres secteurs de la société civile comme les défenseurs des animaux.

Aspiration à plus de libertés

Les réseaux sociaux se sont également fait l’écho des demandes de jeunes Cubains pour plus de liberté politique et d’expression.

Pour l’analyste politique Harold Cardenas, „il y a un grand sentiment de fatigue dans la société“ cubaine, „qui est un mélange (des effets) de la politique de l’administration Trump de pression maximale sur Cuba et du manque de confiance envers les projets et promesses des dirigeants cubains“. C’est cela que „l’opposition politique essaie de capitaliser“.

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