Armin Laschet élu président de la CDU pour continuer l’ère Merkel

En Allemagne, Armin Laschet succède à Annegret Kramp-Karrenbauer, à la présidence de la CDU.  En lice avec deux autres candidats, il a été désigné ce samedi 16 janvier au matin par les délégués du parti réunis en congrès. Ils ont fait le choix de la continuité, puisque ce modéré était le candidat d’Angela Merkel.

Les résultats du congrès ont un air de déjà-vu. Friedrich Merz s’est à nouveau incliné, comme en décembre 2018, lorsqu’il avait perdu face à la présidente sortante, Annegret Kramp-Karrenbauer. Ce partisan d’une CDU plus à droite obtient un score plus qu’honorable avec 47% face au gagnant Armin Laschet. Une fois de plus, le parti chrétien-démocrate montre qu’il est divisé entre ceux qui plaident pour une ligne plus conservatrice et les partisans de la continuité avec un positionnement au centre qu’a privilégié Angela Merkel depuis quinze ans.

Un fidèle d’Angela Merkel

Armin Laschet l’a emporté avec 521 voix contre 466 pour Friedrich Merz. Le nouveau président de la CDU est un fidèle d’Angela Merkel qu’il a toujours soutenu y compris sur les questions de migration lorsque la chancelière a été attaquée dans son propre camp. Armin Laschet a prononcé un discours émotionnel évoquant son père mineur et la solidarité nécessaire. Il se veut un réconciliateur et un homme d’équipe. Il devra mettre cette promesse en œuvre dans les prochains mois pour unir derrière lui les différents courants du parti.

La continuité par rapport à l’ère Merkel est un atout actuellement alors que la chancelière bénéficie d’une popularité très élevée. Il faudra aussi que le nouveau président de la CDU tienne compte – en interne – d’autres opinions et présente d’autres idées pour l’avenir. Pour contrecarrer son image de clône de Merkel, Armin Laschet a fait équipe avec le ministre de la Santé, Jens Spahn. Ce dernier, plus jeune de vingt ans, a, dans le passé, souvent critiqué Angela Merkel notamment sur les dossiers migratoires. Cette alliance avec un homme devenu très populaire depuis la pandémie de Covid-19 et auquel on promet un avenir politique brillant a donné au départ un bonus à Armin Laschet.

Une popularité décevante

Le ministre-président de la Rhénanie du Nord Westphalie a ces derniers mois souffert des critiques contre la manière trop erratique avec laquelle il aurait géré la pandémie. Tant au sein du parti que parmi les Allemands sa popularité reste décevante. Armin Laschet devra, dans les prochaines semaines, prouver qu’il est le bon choix pour mener la campagne électorale des conservateurs allemands. Car la question K – pour Kanzler ou chancelier – est dans toutes les têtes à huit mois des élections générales. La tradition veut que cette décision soit prise en commun par les deux partis conservateurs, la CDU et son allié bavarois, la CSU. Cela pourrait avoir lieu fin mars après deux élections régionales test attendues.

Si l’autorité et la popularité d’Armin Laschet restent fragiles, si ces deux scrutins à la mi-mars tournent mal pour la CDU, d’autres pourraient tirer leur épingle du jeu. Le populaire ministre de la Santé Jens Spahn, 40 ans, pourrait saisir sa chance. Mais le joker le plus en vue reste le chef de la CSU bavaroise Markus Söder. Depuis des mois, les sondages montrent qu’il est perçu comme le meilleur candidat conservateur à la chancellerie parmi les sympathisants de la droite allemande comme au sein de la population. S’il devait être choisi, cela serait la troisième fois depuis 1949 qu’un chrétien-social bavarois porterait les couleurs de la droite allemande. Les deux précédents se sont achevés par une défaite.

rfi

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