Les taxis français manifestent à la frontière avec la Suisse

Des dizaines de taxis français ont manifesté lundi à plusieurs postes frontières de la région genevoise pour dénoncer l’application d’une règle limitant leurs déplacements en Suisse.

Depuis 6h30, taxis, VTC et autres transporteurs freinent le passage des voitures allant en Suisse sur les postes frontières de Bardonnex, Vallard et Ferney-Voltaire, a indiqué la Fédération des taxis indépendant de Haute-Savoie, confirmant une information du quotidien Le Dauphiné Libéré.

Ils protestent contre les contrôles de leurs autorisations à travailler en territoire helvétique, menés depuis environ un an par les autorités suisses en vertu d’une règle ancienne, rarement vérifiée jusque-là.

Une règle ancienne

Selon le syndicat, une directive européenne de 2005, relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles, autorise en effet les taxis à travailler un maximum de 90 jours par an en Suisse, avec obligation de déclarer ces journées au moins huit jours à l’avance.

Les autorités genevoises étaient peu regardantes avant 2020, assure le syndicat. Mais ces derniers mois, plusieurs de ses collègues qui ne s’étaient pas déclarés auprès du canton ont été stoppés à la frontière et contraints d’appeler un taxi helvète pour poursuivre le trajet de leurs clients, le plus souvent jusqu’à l’aéroport de Genève.

„Si demain les gens ne peuvent plus venir, ils vont atterrir à Lyon: il y a un enjeu économique pour l’aéroport de Genève et le canton“, commente un chauffeur de taxi.

Etonnement à Genève

En discussions avec la préfecture de Haute-Savoie depuis six mois pour essayer de trouver un arrangement écrit, le syndicat suggère par exemple l’utilisation de macarons ou de la technologie pour fluidifier les contrôles à la frontière.

De son côté, le canton de Genève „s’étonne de cette action (…) sachant que nous n’avons en aucun cas changé de pratique“, écrit Mauro Poggia, élu et chef du Département cantonal de la sécurité, de l’emploi et de la santé, dans une déclaration transmise à l’AFP.

Il précise que le délai de huit jours, „évidemment pas possible“, peut être contourné légalement par des déclarations réalisées „en urgence“.

Mauro Poggia ajoute qu’il s’agit de droit fédéral avec lequel „le canton de Genève n’a pas de marge de manoeuvre“, et assure que „l’accord tacite qui aurait été trouvé par le passé (lui est) inconnu“.

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