Les banques Raiffeisen ont quitté l’Association suisse des banquiers

Comme annoncé en novembre dernier, les Banques Raiffeisen ont définitivement quitté fin mars le giron de l’Association suisse des banquiers. En cause: une vision très différente des dossiers prioritaires pour la place financière suisse.

Le groupe Raiffeisen appartenait pourtant depuis plus d’un siècle à la faîtière des établissements bancaires suisses. Mais ces dernières années, des divergences de vue de plus en plus importantes sont apparues entre la troisième banque du pays et l’Association suisse des banquiers (ASB).

Priorité au marché domestique

„L’ASB était plus concentrée sur d’autres priorités, et notamment celle de défendre la place financière à l’international“, a expliqué Olivier Roussy, membre du Conseil d’administration de Raiffeisen Suisse, mardi dans La Matinale de la RTS.

Or la priorité du groupe, elle, est tournée vers le marché domestique. „Il s’agit essentiellement des problèmes qui touchent notre clientèle domiciliée en Suisse: la révision de la loi sur l’impôt anticipé, la modification du système d’imposition de la valeur locative ou la LPP par exemple“, a souligné Olivier Roussy.

L’ASB derrière les deux poids lourds

Les banques Raiffeisen sont donc bien loin des priorités actuelles de l’ASB, bien davantage préoccupée de répondre aux attentes des deux grandes banques helvétiques que sont UBS et Credit Suisse. Pour ces établissements, l’accès au marché européen est par exemple un enjeu majeur.

L’association chargée de faire la promotion de la place financière se défend pourtant d’avoir privilégié les intérêts de ses deux poids lourds.

„C’est une impression qui n’est pas tout à fait juste“, assure le président du comité exécutif de l’ASB. Jörg Gasser cite notamment la coordination active du programme de crédits aux PME. „C’est quelque chose qu’on avait fait aussi pour les petites banques“, dit-il.

Nécessaire remise en question

Ce n’était visiblement pas assez aux yeux de Raiffeisen et de la banque bâloise WIR qui vient, elle aussi, de quitter le navire. Une vaste remise en question est donc lancée au sein de l’ASB, qui veut resserrer les liens avec tous ses membres pour éviter que d’autres banques ne prennent le chemin de la sortie.

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