Le premier trimestre de Credit Suisse mis à mal par un fonds spéculatif

Credit Suisse a prévenu lundi que ses résultats du premier trimestre pourraient être affectés de manière importante. La situation est liée à un fonds spéculatif américain qui a fait défaut la semaine dernière.

„Même s’il est encore trop tôt à ce stade pour chiffrer l’ampleur exacte de cette perte (…), elle pourrait être hautement significative et matérielle pour nos résultats du premier trimestre“, a déclaré Credit Suisse dans un communiqué.

La banque a indiqué que le fonds spéculatif en question, qu’elle n’a pas nommé, avait fait défaut sur des appels de marge effectués la semaine dernière par le groupe et d’autres banques. Lors d’un appel de marge, un courtier alerte un investisseur qu’il doit ajouter des fonds à son compte pour couvrir des pertes potentielles.

Le fonds n’ayant pas répondu à cet appel de marge, Credit Suisse et les autres banques concernées sont en train de clôturer les positions du fonds sur le marché, a expliqué le numéro deux bancaire helvétique. Des informations actualisées sur cette situation seront données en „temps voulu“.

Entre 20 et 30 milliards en jeu

Selon plusieurs médias internationaux, le fonds concerné est Archegos Capital Management, fondé par Bill Hwang. D’après Bloomberg, le family office (gestionnaire de grande fortune) s’est débarrassé vendredi de 20 milliards de dollars d’actions, contraint par ses prêteurs.

Le Wall Street Journal évoque de son côté un montant de 30 milliards. „Le fonds, qui était fortement exposé à ViacomCBS et à plusieurs valeurs technologiques chinoises, aurait été durement touché après que les actions de ViacomCBS ont commencé à chuter mardi et mercredi“, a expliqué John Plassard de la banque Mirabaud dans un commentaire lundi.

Goldman Sachs et Morgan Stanley, qui ont alimenté ce fonds comme Credit Suisse d’après Bloomberg, ont aussi vendu pour plusieurs milliards de positions dans des groupes technologiques.

Déjà dans la tourmente Greensill

Le numéro deux bancaire suisse est déjà pris dans la tourmente Greensill, du nom de la société d’investissement britannique en faillite. Il a déjà averti dans son rapport annuel qu’il pourrait faire face à des charges et subir une perte non précisée dans le cadre de la dissolution des fonds en difficultés.

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