Le pape François est arrivé en Irak pour un voyage historique

Le pape François est arrivé vendredi en Irak pour une visite historique et son tout premier déplacement à l’étranger depuis la pandémie du coronavirus. “C’est un voyage extrêmement risqué. Dans quelques mois se tiendront les élections législatives anticipées. Le climat politique est tendu et de nouvelles attaques terroristes ont eu lieu“, explique France Giansoldati, spécialiste du Vatican.

Au cours d’un programme chargé de trois jours aux quatre coins du pays, le pape argentin de 84 ans pourra exprimer son soutien à une communauté chrétienne éprouvée par la guerre et les exactions, mais aussi s’entretenir en tête-à-tête avec le plus haut dignitaire chiite du pays. „Le pape n’a pas voulu annuler son voyage alors que son entourage au Vatican lui conseillait de le reporter. Ils lui ont proposé de l’organiser en octobre quand les conditions seraient plus stables mais il était déterminé à y aller. Je pense que c’est aussi parce qu’il veut apporter son soutien à la communauté chrétienne avant les élections“, ajoute la spécialiste du Vatican.

„Pèlerin de la paix“

Le souverain pontife de 84 ans, qui a déclaré qu’il effectuerait la toute première visite papale en Irak en tant que „pèlerin de la paix“, tendra la main aux musulmans chiites en rencontrant le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité pour de nombreux chiites d’Irak et du monde. Il s’agit du premier contact à ce niveau entre cette branche minoritaire de l’islam mais majoritaire en Irak et le Saint-Siège.

Au cours de cette visite de trois jours, le pape devrait souvent être seul sur les routes, refaites pour l’occasion, en raison d’un confinement total décrété dans ce pays où le nombre de contaminations a battu cette semaine un record depuis le début de la pandémie de Covid-19, avec plus de 5 000 cas par jour.

C’est la première fois qu’un chef de l’Eglise catholique foulera la terre d’Irak, un sol chargé d’Histoire où Jean Paul II avait tenté en vain de se rendre en 2000. Inlassable artisan du dialogue inter-religieux, le pape François a choisi un lieu hautement symbolique. C’est en Irak qu’est né Abraham, patriarche dont se réclament les traditions juives, chrétienne et musulmane.

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