La Grèce secouée par le meurtre d’un célèbre chroniqueur judiciaire

La Grèce est encore sous le choc après l’assassinat vendredi du journaliste spécialisé dans les affaires criminelles Giorgos Karaïvaz devant son domicile d’Alimos, dans la banlieue d’Athènes. Et des accusations contre le Premier ministre attisent les tensions.

L’assassinat de Giorgos Karaïvaz ébranle le gouvernement grec. Si le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a attendu plus de 24 heures pour condamner cet acte, il a demandé samedi au ministre de la Protection du citoyen la „résolution rapide“ de l’enquête.

Depuis lors, les médias grecs s’interrogent sur la séparation des pouvoirs dans le pays. Et un quotidien d’opposition et plusieurs sites d’information alternatifs vont plus loin en évoquant une possible implication dans ce meurtre de l’entourage du Premier ministre.

Le quotidien Makeleio, par exemple, a titré lundi: „Le cercueil a été commandé au Maximou“, qui est l’équivalent grec du Palais fédéral. Et le journal efsyn a publié un dessin accusateur représentant les circonstances de l’assassinat du journaliste: deux hommes masqués en moto tirent avec une arme munie d’un silencieux, avec derrière eux le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis représenté en train de boire un café.

Une plainte pour „diffusion de fausse nouvelle“ a été déposée. Mais le journaliste de Makeleio n’a pas été convoqué par le juge pour indiquer les éléments sur lesquels il s’est basé pour écrire son article.

„Réduire au silence“

Journaliste bien connu en Grèce, Giorgos Karaïvaz, qui venait de participer à une émission de télévision quand il a été tué, avait également fondé un site d’information, Bloko, sur lequel ses collègues ont écrit: „Certains ont choisi de le réduire au silence et d’user de balles pour l’empêcher d’écrire ses articles.“

Depuis quelque temps, le journaliste travaillait sur les relations entre des membres de la police et la mafia grecque. D’ailleurs, dans ce cadre, il devait prochainement témoigner dans un procès. Il avait été accusé de corruption pour avoir reçu de l’argent de la part d’un criminel, assassiné en 2019. Il avait nié, expliquant que l’homme était l’une de ses sources privilégiées.

„Giorgos Karaïvaz a servi le journalisme avec éthique et intégrité pendant plus de 25 ans“, a de son côté déclaré le Syndicat des journalistes grecs (ESIEA), après l’assassinat du célèbre chroniqueur judiciaire.

Deux autres cas similaires

Ce type d’assassinats n’est pas fréquent en Grèce. Mais, dans l’actualité récente, on retrouve des affaires similaires. Outre des hommes d’affaires qui ont été blessés avec le même mode opératoire, le journaliste de Makeleio qui accuse l’entourage du Premier ministre avait survécu en juillet 2020 à des tirs l’ayant atteint au cou et à la poitrine.

En 2010, le journaliste Socratis Giolas n’avait pas eu cette chance. Il avait été abattu de plusieurs balles en plein jour devant son domicile. Dans les deux cas, les enquêtes, toujours en cours, n’ont rien donné.

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