Écosse : onze îles qui donnent l’impression d’être seul au monde

Avec plus de 900 îles, dont moins d’une centaine habitées, le voyageur en quête de solitude a l’embarras du choix en Écosse. Sélection non exhaustive d’îles qui valent le détour, de la plus proche à la plus lointaine du mainsland.

Raasay

À 50 minutes de bateau de l’île de Skye, la petite île de Raasay est un paradis pour les randonneurs qui visiteraient l’Écosse. Et elle n’a rien à envier à sa grande voisine beaucoup plus connue. Sa taille, seulement 22 kilomètres de long, la rend idéale pour une exploration pédestre. Ne manquez pas la distillerie de whisky et de gin située dans un ancien hôtel gothique à l’abandon, qui propose également un hébergement de luxe ultramoderne ainsi que les ruines du château de Brochel.

Pour s’y rendre, il faut emprunter Calum’s Road. Cette route a une histoire étonnante : Calum Macleod, un postier et gardien de phare, était frustré de n’avoir réussi à convaincre les autorités locales à prolonger la route jusqu’à son village, Arnish situé à 2,8 km au nord du château, ce qui obligeait les habitants à continuer la route à pied. Il a donc entrepris à l’âge de 56 ans, au milieu des années 1960, de la construire lui-même pour que sa fille, qui habitait sur Skye, puisse lui rendre visite plus facilement. Dix ans plus tard, quand la construction fut terminée, il n’y avait plus que deux habitants à Arnish : Calum et son épouse.

Eigg & Rùm

Dans le petit archipel des îles Small, au large de l’île de Skye, Eigg est devenue célèbre pour son engagement en faveur des énergies propres. La communauté qui y vit est quasiment autosuffisante en électricité grâce aux éoliennes qui produisent 95% de l’énergie qu’elle consomme. Cherchez du regard les populations d’aigles royaux, de crécerelles et de faucons pèlerins, puis marchez sur les plages de quartz que l’on surnomme Singing Sands à cause du son du sable quand on y pose les pieds. Observez également la colline d’An Sgùrr, la plus haute de l’île, formée à la suite d’une éruption volcanique qui a donné naissance à l’île montagneuse voisine de Rùm, où l’on peut visiter l’excentrique château de Kinloch, construit à la toute fin du XIXe siècle.

Mull & Iona

Pas le temps de s’ennuyer sur l’île de Mull : entre une côte accidentée aux spectaculaires falaises, les baies de sable blanc, les pics montagneux à l’intérieur des terres, une faune absolument magique (on peut notamment observer requins, baleines, dauphins) et ses six châteaux, on n’y passe jamais assez de temps. La ville pittoresque de Tobermory, connue pour ses maisons aux façades colorées, son charmant port et sa distillerie, est un passage obligé : profitez-en pour goûter les excellents fruits de mer de la région. À la pointe sud-ouest, l’île voisine, Iona, est bourrée de caractère et d’histoire. Son atmosphère paisible et sa célèbre abbaye rappellent que c’est là qu’est né le christianisme celtique. C’est ici que Saint Colomba et ses douze compagnons fraîchement arrivés d’Irlande en 563 ont fondé un monastère majeur dans ce qui était le royaume gaélique de Dál Riata, qui propagea le christianisme dans tout le nord des îles britanniques. Aujourd’hui encore, Iona est une destination prisée pour les retraites spirituelles.

Staffa

L’île de Staffa, qui signifie pilier en vieux norrois, inhabitée depuis le XIXe siècle, est connue pour abriter la merveille géologique de Fingal’s Cave : une grotte marine reconnaissable à ses immenses colonnes hexagonales de basalte créées par des éruptions volcaniques. Ce petit morceau de terre au large de l’île de Mull est un lieu privilégié pour observer les macareux, ces adorables oiseaux au plumage noir et blanc et au bec orange. Comme la reine Victoria, Jules Vernes et Felix Mendelssohn, qui a d’ailleurs tant été inspiré par les lieux lors de sa visite en 1829 qu’il les a immortalisés et fait connaître au monde dans une ouverture (Les Hébrides – Grotte de Fingal), laissez-vous éblouir par la beauté naturelle de l’île.

Arran

Facile à gagner depuis Glasgow grâce au terminal de ferry accessible en train, Arran, à 1h15 de bateau du mainland, représente l’Écosse en miniature. La septième plus grande île du pays possède tout ce pourquoi le pays est apprécié et réputé. Paysages accidentés et dramatiques au nord, sud plus vert et bucolique, tandis qu’à l’intérieur des terres, c’est un mélange de forêts et de sommets montagneux. Le patrimoine historique est aussi riche : tout au nord de l’île à Lochranza, visitez les ruines du château du XIIIe siècle et la distillerie. À Brodick, là où le ferry arrive, le château vaut également le détour. Sur la route menant au village de Blackwaterfoot, sur la côte ouest, vous passerez par Machrie Moor, l’un des sites préhistoriques les plus importants du pays, où l’on trouve des vestiges d’une occupation humaine millénaire comme des cercles de pierres levées.

Tiree

Des plages de sable fin à perte de vue, des vagues très prisées par les surfeurs, un climat relativement doux grâce au Gulf Stream : Tiree, l’île la plus occidentale de l’archipel des Hébrides extérieures, à l’ouest de l’Écosse, a tout pour plaire. Celle que l’on surnomme la Hawaï du Nord est une destination idéale pour de longues promenades au bord de l’eau et à l’intérieur des terres, où l’on peut voir les traditionnelles whitehouses aux murs blanchis à la chaux ainsi que les blackhouses à toit de chaume. À voir sur l’île : le musée du phare de Skerryvore au sud, le musée d’histoire de Tiree An Iodhlann à l’est, et Ben Hynish, le point culminant de l’île à 141 mètres d’altitude.

Barra & Vatersay

Barra, au sud des Hébrides extérieures, est un bijou de vie sauvage. Liée par une petite bande de terre à l’île de Vatersay, elle dispose de plages superbes, idéales pour les promenades et les pique-niques les jours de beau temps, le canoë et kayak, voire le surf et la baignade à l’ouest, si vous n’êtes pas frileux. À l’ouest, toujours, on retrouve d’impressionnantes falaises, tandis que l’intérieur de l’île est montagneux. Le point culminant, Heaval, à 383 mètres d’altitude, offre une vue magnifique sur Castlebay. C’est également là que l’on trouve Our Lady Star of the Sea, une statue de Vierge à l’enfant installée dans les années 1950.

Saint Kilda

Le petit archipel de Saint Kilda, constitué de cinq îles à 160 kilomètres de la côte ouest de l’Écosse, donne vraiment l’impression d’être seul au monde. Les derniers habitants qui y vivaient dans des conditions climatiques extrêmes, battus par les vents et les intempéries de l’Atlantique Nord, ont été évacués de la plus grande île de l’archipel, Hirta, il y a 90 ans. Aujourd’hui, seule une poignée de scientifiques et de militaires y vivent, entourés d’une très riche faune qui trouve son bonheur dans un environnement de falaises escarpées, les plus hautes du Royaume-Uni. St Kilda, listé au patrimoine mondial de l’Unesco et appartenant désormais au National Trust for Scotland, abrite les colonies d’oiseaux marins les plus importantes d’Europe. Les visiteurs peuvent s’y rendre pour une journée grâce aux nombreuses croisières depuis l’île de Skye ou l’île de Harris.

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