Des journalistes de Ouest-France se désolidarisent d’un éditorial sur Nicolas Sarkozy

Un éditorial paru le 6 mars intitulé « Affaire des écoutes, le grand malaise » divise la rédaction du quotidien régional.

À Rennes, un éditorial paru le 6 mars a déclenché une bronca au sein de la rédaction du quotidien Ouest-France. Dans l’éditorial « Affaire des écoutes, le grand malaise », Jeanne Emmanuelle Hutin, directrice de la recherche éditoriale, soulevait des doutes après la condamnation de Nicolas Sarkozy dans l’affaire des écoutes. Une prise de position qui n’a pas plu à une partie des rédacteurs du quotidien.

Dans un communiqué le premier syndicat des journalistes (SNJ) s’est attaqué frontalement à la direction du journal. L’organisation syndicale pointe avec humour que la devise du titre « Justice et liberté » n’aurait pas été respectée ce jour-là : « [Notre devise] est-ce une justice qui sanctionnerait les faibles et glisserait sur les turpitudes des puissants ? ».

Le syndicat reproche également à l’éditorialiste de ne pas avoir respecté des codes qui sont appliqués aux autres membres de la rédaction. « Rappelons que parmi les règles de base qui s’imposent aux journalistes de Ouest-France, il en est une qui dit : Le journaliste ne doit pas donner le sentiment de s’être intéressé à l’affaire de manière épidermique ou ponctuelle. Il doit éviter tout avant jugement péremptoire ».

«Traitement partisan»

L’élément qui a le plus fait tiquer est la prise de position politique directe de la direction. Dans sa conception Ouest-France se veut « pluraliste » et généraliste. Un « traitement partisan », qui soulève d’autant plus d’inquiétudes que des élections approchent. La rédaction souhaite éviter un scénario similaire à celui de 2017, lorsque la direction a offert « un soutien explicite » à Emmanuel Macron.

Après la condamnation en première instance de Nicolas Sarkozy (aujourd’hui en appel, renouvelant la présomption d’innocence) , les éditoriaux se sont multipliés dans la presse. Au Parisien et à Paris-Match les rédactions se sont également désolidarisées d’éditoriaux aux tons partisans, dans des titres ne se voulant pas d’opinion.

« Choquée, la rédaction de Paris Match se désolidarise de l’éditorial de son directeur Hervé Gattegno à paraître jeudi, sous le titre ‘Sarkozy, une étrange affaire’ », annonce la Société des journalistes du magazine, dans un communiqué co-signé par les syndicats SNJ, SNJ-CGT, CFDT et FO.

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