Brexit: les pêcheurs français n’ont plus accès aux eaux de Jersey

Les pêcheurs normands et bretons ne pourront plus pêcher dans les eaux territoriales de Jersey. Ils bénéficiaient en théorie d’un droit d’accès jusqu’au 1er mai dans le cadre de la transition post-Brexit, mais selon le Comité régional des pêches et des élevages marins de Normandie, seuls 57 navires sur 340 titulaires du permis de la baie de Granville ont été acceptés, vendredi 15 janvier, par l’île anglo-normande.

Les bateaux français doivent désormais prouver qu’ils ont pêché 10 jours par an en moyenne ces trois dernières années dans les eaux de Jersey. En attendant, les précieux permis, les pêcheurs connaîtront des désagréments sur les deux rives, estime Dimitri Rogoff, président du Comité régional des pêches et des élevages marins de Normandie.

« On a deux problèmes, dit-il. C’est un secteur où il y a beaucoup de caseyeurs, donc ils ont leurs casiers qui sont à l’eau. Donc, on va négocier déjà une dérogation pour que les Français puissent aller chercher leur matériel. La flottille sur le bulot est en arrêt biologique. Mais on a tous les caseyeurs, on a des chalutiers également, des bateaux à la coquille St.- Jacques, au poisson. Et eux ne peuvent plus travailler dans les eaux, donc il y a une forme de manque à gagner. »

« Un secteur qui est compliqué »

Le président du Comité régional des pêches et des élevages marins de Normandie observe : « C’est un secteur qui est compliqué pour aller pêcher puisque la limite entre la France et Jersey, c’est tout prêt. Le gros de la flottille, c’est des petits bateaux, des bateaux qui travaillent dans un rayon de 10 milles, à une vingtaine de kilomètres autour de leur port d’attache ou de leur point de départ. Donc, ils ne peuvent pas aller ailleurs.  Puis quand on travaille aux casiers, on ne va pas balancer ses casiers n’importe où ».

Des pêcheurs de Jersey viennent débarquer du poisson en France et le livrent dans les criées françaises. « C’est leurs débouchés », note encore Dimitri Rogoff, du Comité régional des pêches et des élevages marins de Normandie. « Il est bien évident que pendant que tout ça n’est pas résolu. Il n’est pas question qu’en plus, ils viennent profiter de notre marché, donc cela fera aussi du désordre chez eux », assure-t-il.

Permis de pêche

Aurélie Leroy, directrice du bureau des îles anglonormandes, justifie quant à elle cette décision par le fait que « la période de transition que le gouvernement de Jersey avait mise en place pour la continuité des accès aux eaux n’a pas été reconnue par la Commission européenne ». Cette période de transition n’étant « pas conforme » aux accords de l’Union européenne avec le Royaume-Uni sur le Brexit, « Jersey ne peut faire autrement que de mettre en place dès maintenant les permis de pêche », a-t-elle précisé.

En vertu des accords de pêche conclus dans le cadre du Brexit, les pêcheurs français doivent désormais prouver qu’ils ont pêché 10 jours par an en moyenne ces trois dernières années dans les eaux de Jersey. Une période de transition avait été mise en place pour donner du temps aux pêcheurs français, explique-t-elle. Car si les bateaux équipés d’équivalent de GPS peuvent facilement prouver qu’ils ont été dans les eaux, il faut plus de temps pour les petits bateaux qui n’en sont pas dotés.

rfi

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