Australie: Microsoft cherche à combler le vide que pourrait laisser Google

Microsoft dispose d’un « plan B » si Google met à exécution ses menaces de quitter l’Australie dans le cas où Canberra mènerait jusqu’au bout son projet visant à contraindre les géants du numérique à rémunérer les médias.

La conversation date des jours suivants la menace de Mel Silva, directrice de Google Australie, de suspendre son moteur de recherche. Réactif, le patron de Microsoft, Satya Nadella, a parlé avec le Premier ministre australien Scott Morrison. Il a évoqué la possibilité de développer le moteur de recherche Bing de la firme créée par Bill Gates, selon le quotidien The Australian, affirmant disposer d’un « Plan B ».

Le ministre australien des Finances Josh Frydenberg a confirmé cet échange téléphonique, précisant que le gouvernement était en négociations approfondies avec « les acteurs du marché ».

Le gouvernement de Canberra a élaboré un « code de conduite » qui obligerait Facebook et Google à rémunérer les groupes de presse australiens quand ils reprennent leurs contenus. Ces deux géants américains ont menacé de bloquer leurs principaux services en Australie en cas d’adoption de cette nouvelle loi.

Microsoft « pas directement impliqué »

L’Australie se réserve le droit d’imposer ce code à d’autres plateformes et des doutes subsistent sur le fait que le service MSN de Microsoft, qui renvoie aux informations australiennes, puisse être affecté.

« En ce qui concerne la controverse actuelle sur un éventuel code de conduite régissant Google et Facebook, Microsoft n’est pas directement impliqué et nous ne souhaitons pas faire de commentaires sur le processus en cours », a déclaré un porte-parole de Microsoft dans un communiqué.

Zuckerberg fait pression

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, fait également pression sur l’Australie. Il a contacté la semaine dernière Josh Frydenberg pour discuter du code et de ses conséquences. Le ministre australien a qualifié sur ABC cet échange de « très constructif » mais qu’il ne l’avait « pas convaincu de faire marche arrière ».

Facebook a averti qu’il pourrait empêcher les internautes de l’île-continent de partager des informations australiennes sur sa plateforme.

« Ce que je sais, c’est que les médias devraient être payées pour le contenu, a rappelé Josh Frydenberg. Qu’il s’agisse de cette question, de cyberintimidation ou de contenu terroriste sur internet, nous sommes préparés à affronter les géants du numérique. » En cas d’infraction à la nouvelle loi australienne, Google et Facebook devraient s’acquitter de pénalités de plusieurs millions d’euros.

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